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Faire école [être imité, suivi]
Pome Saint-Bonnet,
EESAB Rennes, 2025
Un jour, j’ai rouvert le tiroir où était rangé mon manuel d’Histoire de Première. Il m’est apparu comme un parfait témoin de cette forme graphique commune à tous les manuels que j’ai connus durant ma scolarité. Ils me fascinaient autant qu’ils me repoussaient. J’ai voulu analyser et questionner mon appréhension graphique : est-ce que les manuels sont simplement « moches » ou bien cette forme graphique a-t-elle un réel intérêt ? Mon analyse s’est construite en interrogeant le traitement du public, la lisibilité, l’inclusivité, tout en prenant également en compte les dimensions politiques et économiques qui façonnent ces ouvrages. Les manuels d’Histoire se retrouvent aujourd’hui au cœur d’enjeux politiques et culturels majeurs. D’un côté, la forte concentration éditoriale autour du groupe Bolloré nourrit des interrogations sur la capacité de certains acteurs médiatiques ou culturels à orienter l’opinion ou à promouvoir certains récits identitaires, montrant combien la question du récit national est redevenue un terrain de bataille. De l’autre, la volonté récente du gouvernement de mettre en place une labellisation des manuels scolaires traduit un souhait de renforcer le contrôle étatique sur les contenus enseignés, au risque de restreindre la liberté pédagogique. Dans ce contexte, l’étude des manuels d’Histoire ma permit de saisir comment se construit, se discute ou se dispute la mémoire collective à l’école, et pourquoi cet objet, en apparence strictement scolaire, est devenu un enjeu central du débat démocratique contemporain.
pomelefruit@gmail.com